Présentation

Recherche

Calendrier

Août 2014
L M M J V S D
        1 2 3
4 5 6 7 8 9 10
11 12 13 14 15 16 17
18 19 20 21 22 23 24
25 26 27 28 29 30 31
             
<< < > >>
Dimanche 1 juin 7 01 /06 /Juin 20:16

PROGRAMME JOUR D’ULYSSE 2014

 

Vendredi 20 juin

  • 20h00 : dîner au Château du Sauvage

                       à Créchy

                       Ambiance irlandaise

 

Samedi 21 juin

  • 9h00 : Petit déjeuner irlandais

                            A la Pâtisserie « Aux Délices » avec les J.J.Minstrels

    

  • 10h30 : « Sur les pas de Joyce dans Saint-Gérand »

                Visites, Lectures, Animation musicale  

               Par les J.J.Minstrels

     

  • 13h00 : Déjeuner au Restaurant de la Paix

                               Animation par Les JJ Minstrels

     

  • 16h00 :Table ronde et lectures :Ulysse 

                         Télémaque : Traduire, Trahir ? Lire Joyce .

                         Présentation Alain Daudier     

     

                         Débat avec la participation de Jacques Aubert, Jacques Le Brun, Annie Tardits, Moustapha Safouan, Elisabeth Leypold, Gérard Colonna d’Istria

     

  • 18h 30 : Vin d’Honneur offert par la Municipalité de Saint-Gérand-le-Puy

DSC 2818 24042                     IMG_1281.JPG

Le Chateau du Sauvage à Créchy                                                              Chant Grégorien par les J.J. Minstrels

                                           IMG_3191.JPG

                                      Devant l'Hôtel de la Paix

 

 

 

 

 
Par James Joyce in Saint-Gérand - Publié dans : Jour d'Ulysse 2014
Voir les 0 commentaires
Dimanche 1 juin 7 01 /06 /Juin 17:59

 

INVITATION

 

 

 

 

  Xavier CADORET, Maire de Saint-Gérand-le-Puy,

 

Pascal BATAILLARD, Président de l’Association :

 

James JOYCE à Saint-Gérand-le-Puy

 

ont le plaisir de vous convier au

 

 

 

JOUR D’ULYSSE 2014

 

 

 

ainsi qu’au vin d’honneur offert par la Municipalité 

 

Le samedi 21 juin 2014 à 18h30 – Espace James Joyce

 

à Saint-Gérand-le-Puy

 

 

 

Par James Joyce in Saint-Gérand - Publié dans : Jour d'Ulysse 2014
Voir les 0 commentaires
Vendredi 21 février 5 21 /02 /Fév 16:49

Lecture d'Ulysse - Episode 1 - Télémaque.

 

INTRODUCTION par Gérard Colonna d'Istria

        Il y a quelque chose de paradoxal dans la réception de l’œuvre de Joyce, et c’est peut-être par là qu’il faut commencer. D’un côté, voila une œuvre qui s’est imposée comme un monument de la littérature européenne, une œuvre qui affirmé avec force sa présence, qui a changé les règles comme le fait toujours une œuvre géniale. Et de l’autre côté, dans le public, une méconnaissance et même une réputation d’illisibilité. – il se trouve que Joyce lui-même ait contribué à encourager cette réputation qui sent le soufre : il assurait qu’il avait donné du grain à moudre à ses critiques pour un siècle ou deux. Et un de ses meilleurs spécialistes a eu cette formule humoristique : « il y a peu d’œuvres qui aient  aussi bien réussi à décourager le lecteur » (Aubert).

       Cependant, dire ce qui vient d’être dit, ne conduit pas à souscrire à un argument paresseux, mais qui a la vie dure : une légende tenace  voudrait que ce livre soit illisible, qu’il tombe des mains du lecteur le mieux intentionné. Dès-lors, en effet, à quoi bon s’obstiner ?

        L’argument est commode mais il a ses limites. Si un grand livre est un livre qui révolutionne la littérature, un livre qui propose une nouvelle écriture et une nouvelle manière de voir le monde, il est inévitable qu’en un premier temps, il nous déconcerte et qu’il bouleverse nos critères et nos règles habituelles de lecture, bref, qu’il fasse de nous un autre lecteur.

        Voilà une hypothèse de lecteur que nous pourrions accepter, et même que nous devrions accepter, et grâce à laquelle nous pourrions gagner un autre bonheur de lire.

         Ellmann, le biographe de Joyce, a eu ces mots : « Joyce est le porc et pic des auteurs (…) ses héros ne sont pas faciles à aimer, ses livres ne sont pas faciles à lire. Il ne souhaite pas nous conquérir, mais il veut que nous le conquérions. En d’autres termes, il ne nous invite pas, mais la porte reste ouverte ».

         Un dernier mot. Quand un étranger pénètre dans une ville, inconnue de lui, il est très vite déboussolé. Mais en arpentant progressivement les rues, en déambulant, il peut progressivement gagner une familiarité et se repérer. Il ne lui est pas interdit non plus de demander son chemin ou des précisions aux habitants. C’est une des raisons qui nous a conduits à la séance d’aujourd’hui. Tentons de lire Ulysse en échangeant nos impressions de lecture.

         Pour ma part, je voudrais, très modestement, proposer quelques réflexions sur le bouleversement de l’art du roman, qui dans les années 20 ouvre la littérature à la modernité et où Joyce joue un rôle essentiel. Je précise tout de suite qu’il s’agit simplement de proposer une lecture susceptible de faciliter la lecture d’Ulysse.

         Une sorte de test pour expérimenter et faciliter la lecture.

LE BOULEVERSEMENT RADICAL DANS  L’ART DU ROMAN.

         Essayons de dire simplement des choses profondes, en nous contentant d’une épure.

        Joyce est contemporain et acteur direct d’un bouleversement radical dans l’art du roman, qui a lieu dans les années 20 du XX° siècle (et dont on peut trouver des précurseurs chez certains auteurs de la fin du XIX°, par ex henry James) – contentons-nous de mentionner ici v. Woolf, Proust, et bien entendu Joyce.

         Ces écrivains visent à créer des formes romanesques nouvelles, ajustées à ce monde nouveau. Selon  eux, on ne peut plus suivre des modèles qui n’existent plus dans le monde réel. On est sorti de  la société victorienne. V Woolf le dit clairement :

« Toutes les relations humaines ont bougé entre maîtres et serviteurs,      entre  mari et femme, entre parents et enfants. Et quand les relations humaines changent il y a en même temps un changement dans la  religion, dans les comportements, la politique et la littérature »

          Au xix° siècle, les  romanciers manifestaient une belle assurance, ils présentaient des personnages dans un cadre qui paraissait bien établi – ainsi  par exemple le rapport individu/société permettait au héros d’accomplir son itinéraire à travers des déterminismes sociaux, il révélait dans son  parcours  une sorte d’essence stable – Pour les écrivains comme Woolf ou Proust, c’est là un leurre : les relations humaines sont fuyantes, fragiles,  illimitées, elles ne peuvent servir de modèles pour créer une forme littéraire.

          Il faudra d’abord que ces relations humaines entre les personnes, relations complexes et fuyantes, soient délimitées  - choix d’une ou de deux consciences (ici dans Ulysse bloom et Stephen) – consciences privilégiées qui focaliseront et réfracteront la réalité (non pas imitation, mais plutôt filtrage) - Du même coup l’auteur perd sa souveraineté = il se refuse à juger le monde (Joyce dans le Portrait  dira « derrière » ou « au-delà » ) comme une totalité  - la réalité est toujours partielle,  elle est  toujours perçue comme découverte et ressentie par quelqu’un (c.à.d. très important sentie à travers des impressions)

         D’où la nécessité de choisir un « point de vue » et de traduire cette réalité par des chemins indirects, obliques – de même le personnage privilégié sera lui aussi un narrateur « indirect » - il devra concilier en lui deux rôles : 1) révéler un monde au moins partiellement  2) tout en restant engagé dans ce monde – il sera comparable à un acteur jouant un rôle tout en se pensant lui-même.

         Ces personnages privilégiés usent du langage et ils vivent le monde, non pas tant en agissant, mais plutôt dans l’écho intérieur de la conscience

Sentir plutôt qu’agir – Proust observe, à propos de l’Education sentimentale de Flaubert :

        « Une révolution est accomplie : ce qui était action devient impression. Les choses ont autant de vie que les hommes, car c’est le raisonnement qui après coup assigne à tout phénomène visuel des causes extérieures, mais dans l’impression première     que nous recevons cette cause n’est pas impliquée. » (A propos du style de Flaubert,                     Proust,  1920)

         Triomphe de l’impression : sentir plutôt qu’agir – désormais il faut rendre compte de cette continuité de la vie intérieure – il y a une réalité  de son existence apparente qui  se compose d’actes sans signification qu’il ne peut s’empêcher d’accomplir – il  lui faut donc recourir, pour embrasser cette continuité, à des jalons  - et repérer aussi les limites.

          L’homme paraît réduit dans son statut de « point de vue »à une succession d’instants – en réalité les consciences sont fragmentées en elles- mêmes – Si on veut les recomposer,  il faut poser un regard sur leur passé (leur passé physique, leur passé culturel, leur passé psychique) – et on pourra à partir de là reconstituer quelque chose comme une continuité.

         Mais une continuité relative ! Cette continuité recherchée ne conduira pas à une stabilité du personnage – elle est une quête – l’homme se  cherche, et cette quête restera inachevée –

          Cela dit le rôle de la mémoire dans le monologue intérieur est capital = le monologue intérieur imite la vie immédiate et la fragmentation de la vie – mais ensuite il réagit contre cette fragmentation – le roman du « courant de conscience » est fondamentalement la recherche d’un sens et d’une forme de la personne dans un monde où l’individu ne voit que contingence, désordre, discontinuité – il vise à trouver,  par-delà cette discontinuité, une continuité – il y a là chez Joyce une tension remarquable entre la discontinuité qui tient au vécu, à  l’expérience vécue, et cet effort (jamais achevé)pour trouver un sens et une forme

          Un, bon exemple dans notre épisode : l’alternance du monologue intérieur et de la voix narrative – et le recours à la mémoire, dans la quête de Stephen. Lire (f,   )

Conséquences  sur le personnage

           La totalité du réel n’est plus claire ni distincte

          A partir de là on voit s’esquisser un nouveau personnage de roman = au lieu de vouloir à tout prix faire le portrait  d’un monde et d’un homme stables, de vouloir rendre vrai et durable ce qui est transitoire et banal, l’écrivain devra (c’est Woolf qui parle) respecter le caractère occasionnel des situations humaines.

          Au lieu d’être construit le personnage sera le foyer incertain d’une « myriade d’idées saugrenues et sans suite » (Woolf) qui se pressent dans la tête de l’écrivain – et ce personnage ne s’en tiendra pas aux conventions sociales = il traversera ces apparences.

Conséquence  = on là une conception nouvelle du réel, et de là on est conduit à une conception nouvelle du roman.

          Dans la figure ou le schéma classique du roman, on a un socle constitué par trois éléments structurants 1) une intrigue -  - 2) une narration (récit, description de la scène) – 3) l’élaboration des  personnages ce schéma est bousculé, mis à l’écart – en particulier  l’accent se déplace de l’action vers la conscience.

           En suivant le schéma tripartite du romanesque traditionnel, on voit bien comment la remis en cause affecte chacun des éléments.

Conséquences sur la narration, le récit et l’’intrigue

          Triomphe du pt de vue subjectif, et, d’une certaine manière, d’un relativisme (il faudra  répondre à l’objection : n’est-on pas conduit à la dissolution de la personne ?) – Les romanciers désormais conçoivent leur tâche comme une expérience, au sens fort du terme =  la vie leur propose des faits bruts, le romancier doit dégager de là des rapports complexes – Le roman, dans ces conditions, ne doit pas être un simple reflet, un reflet imaginaire de l’existence réelle – le personnage  est doté d’une sensibilité qui lui permet d’enregistrer  les mouvements  les plus subtils du réel dans la chambre de la conscience.

          L’espace romanesque est désormais inclus  dans l’espace d’une conscience – Les romanciers intègrent la vie sociale dans la conscience de leurs personnages. – c’est Proust peut-être qui a le mieux mis en évidence cette exigence nouvelle. Dans un passage de la Recherche, le narrateur  ironise sur ces « niais » qui voudraient expliquer les êtres à l’aide des « grosses dimensions des phénomènes sociaux » au lieu de «  descendre, pour comprendre ces phénomènes, en profondeur dans une individualité » - il faut une psychologie nouvelle, une psychologie des profondeurs.

          On a avec le texte de Proust, une idée programmatique, une idée fondamentale, qui est au cœur de la modernité = c’est l’idée que la société est une abstraction, que ses « grosses dimensions ne parviennent pas à saisir la signification de la personne – la conception traditionnelle qui voulait comprendre l’individu à partir des déterminismes de la société globale, est déboutée.

         De même l’omniscience de l’écrivain ! On vient de voir que la réalité (et tout particulièrement la     réalité sociale) ne peut être que filtrée  par une  conscience qui réfracte un espace social dans lequel elle se situe et où elle se débat – le sens du roman dépend de cette conscience engagée, exclusivement. Ici c’est à Joyce qu’il faut faire appel – dans un passage célèbre du Portrait, il souligne :       

« La personnalité de l’artiste, traduite d’abord par un cri, une cadence, une    impression,  puis par un récit fluide et superficiel, subtilise enfin jusqu’à perdre son existence, et pour ainsi dire, s’impersonnaliser. L’artiste, tel le Dieu de la création, reste à l’’intérieur, ou derrière, ou au-delà… »

        Joyce montre là que le passage de l’action à l’impression implique que le  romancier soit absent de ce qui est créé, après qu’il a été présent dans la création – Autrement dit = il fait corps avec l’œuvre sur le plan existentiel, le plan des sensations, des impressions, des  perceptions, de la compréhension du réel. Mais il s’en détache sur le plan du sens et du jugement.

         Mais il faut ajouter tout de suite = les personnages s’intéressent moins aux faits qu’aux échos de ces faits dans la conscience. Et désormais c’est du côté de ce moi intérieur qu’il faut se tourner.  Priorité donnée à ce subjectif : c’est un  instrument d’optique grâce auquel la vie sociale peut se  révéler. Primauté donc au subjectif – mais il faut tout de suite ajouter =  la vie sociale est révélée par le retentissement du réel extérieur dans la conscience.

           Cette conscience, on peut la concevoir comme une conscience registre et en même temps comme une conscience réflexive. (cf. en anglais la distinction entre la conscience (consciousness) et la conscience comme prise de Conscience (awareness) – Par la première,  le personnage réfléchit la réalité qu’il voit, il est comme un miroir – avec la seconde, il se réfléchit lui-même. Mais l’erreur serait de croire ici que cette réflexion sur soi est solitaire : il sait que ce regard sur soi dépend à la fois de ses désirs et du regard que d’autres portent sur lui. (Il médiatise le monde quand il en est le miroir et en même temps il est médiatisé    par autrui – un bon ex dans notre épisode – Stephen et le miroir fêlé (p14)

           Il y a là quelque chose comme le triomphe du subjectif – mais ce subjectif ne conduit pas à un subjectivisme : la société est intégrée, vivante, concrète, dans la subjectivité du héros – le héros garde une liberté : il a une liberté subjective qui n’est plus « dans » la société » et qui ne s’explique pas « en fonction » de la société. Le personnage éprouve la société grâce aux contacts immédiats qu’il a avec des gens et des choses. – cette liberté (et on pourrait ajouter = cette solitude, parfois) ne conduit pas à un subjectivisme. Le rapport aux groupes et au milieu demeure essentiel.

          Il en va de même pour les valeurs – le héros découvre à travers son expérience l’exigence de valeurs (et même de valeurs intemporelles) Mais ces valeurs ne lui sont jamais imposées par des institutions. Bien au contraire : il faut que le héros s’interroge sur la légitimité de ces institutions, et c’est toujours de lui que part le questionnement (dans notre épisode, examiner la  manière dont Joyce approche la question     de la légitimité de ‘l’Eglise romaine ou de la domination anglaise.

         Le rapport traditionnel individu/société est mis à l’écart. On lui substitue la relation  entre une conscience et un milieu – 

         On a là quelque chose comme « le roman de l’homme intérieur » - mais la particularité de ce genre de roman c’est qu’il n’a ni genèse ni conclusion – il a plutôt des limites – mais il est en expansion – il donne la priorité et la primauté à la durée (au sens bergsonien) sur la chronologie, aux associations libres sur le discours rationnel – il s’engage dans un labyrinthe plutôt que dans un itinéraire bien  réglé – ce n’est pas pour rien que Joyce fait appel à dédale…

          Du même coup, le roman est désormais dans l’ordre de l’inachevé- il ne se terminera pas en nous livrant une figure définitive. Nous sommes dans un romanesque de l’incertitude et du discontinu.  Le personnage nouveau est dans un monde de relations précaires, de correspondances  fluides. L’individu apparaît comme séparé d’une société trop mouvante et trop vaste : cette société ne lui offre plus l’image d’un  ordre adapté à son existence. En particulier il est aveugle à la notion d’une société globale : le personnage n’est vraiment social que dans ses rapports avec des groupes restreints = les amis, la famille…c’est là ce qui compose son milieu.

Conséquences sur le lecteur.

         Ce bouleversement vise aussi à faire du lecteur un autre lecteur. On ne lui propose plus de modèles ou d’exemples – on l’invite à écarter l’écran des conventions – s’il parvient à le faire, il comprendra que le doute et l’étonnement sont la seule chose partageable.

          On offre au lecteur une image en négatif de lui-même

Renouvellement dans l’ordre des techniques et du style

           Exemple (trop fameux) = le monologue intérieur. – et aussi la complémentarité des techniques – cf. dans notre épisode le rôle de la mémoire et l’alternance voix narrative/monologue intérieur chez Stephen.

           Enfin (last but not least) le rôle du langage et l’attention qu’on lui prête.

          Notons simplement ceci pour l’instant. Ces personnages privilégiés usent du langage et ils vivent le monde, non pas tant en agissant, mais      plutôt dans l’écho intérieur de la conscience – et les paroles qu’ils prononcent s’adressent bien à d’autres – mais l’habileté de l’écrivain, c’est de faire sentir au lecteur que les paroles des protagonistes sont comme des points, des perspectives prises sur une étendue mouvante = l’étendue de leur conscience – une étendue mouvante, mais toujours en expansion – un work in progress.

 

Par Gérard Colonna d'Istria - Publié dans : Conférences : thèmes traités depuis 2004
Voir les 0 commentaires
Samedi 14 décembre 6 14 /12 /Déc 17:58

IMG 3184                                                 

Le Jour d’Ulysse s’est déroulé le samedi 22 juin et a rassemblé les passionnés de l’écriture si particulière de James Joyce, qui se sont retrouvés sur le lieu du dernier séjour en France de l’auteur d’Ulysse, participants qui venaient de Paris, Lyon ou encore des départements limitrophes. Entre balade dans le village agrémentée de lectures, gastronomie et musique irlandaise, la journée s’est déroulée dans la bonne humeur habituelle dont voici quelques témoignages.

 

 

IMG 3238

 

Autres temps fort de la journée :

- La remise de livres dédicacés par Stephen Joyce, petit-fils de l’écrivain, à Nathalie Bordes, enseignante au collège Jules Ferry, ainsi qu’à une représentante des élèves d’une classe de cinquième. Stephen Joyce a souhaité rendre hommage au travail  des collégiens qui ont réalisé une bande dessinée et un spectacle de marionnettes sur le thème du Chat et du Diable, ouvrage de James Joyce pour son petit-fils.

IMG 3209

 


- La table ronde présidée par Pascal Bataillard, introduction de Gérard Colonna d'Istria avec la participation d'Annie Tardits,  Jacques Aubert,  Mustapha Safouan, Elisabeth Leypold et Jacques Le Brun ainsi que de nombreuses personnes du public.

 

Par James Joyce in Saint-Gérand - Publié dans : Jour d'Ulysse 2013
Voir les 0 commentaires
Samedi 14 décembre 6 14 /12 /Déc 17:52

Cette année, d’un commun accord, les membres de l’Association avaient décidé de modifier la forme des interventions, qui  jusque là consistait en une conférence, et  d’offrir une plus large place au public en lui laissant la possibilité de dialoguer tout à loisir sur un ouvrage, antérieur à  Ulysse, mais auquel il convient d’accorder une attention particulière : le Portrait de l’artiste en jeune homme, premier chef d’œuvre de Joyce. A cette fin, il avait été convenu d’adopter, pour entrer dans la lecture et la discussion, le principe d’une table ronde : à partir d’une intervention brève (une trentaine de minutes) portant sur un  thème majeur, ouvrir un débat  en laissant la parole au public.

 

Pascal  Bataillard, qui présidait, après avoir présenté les intervenants et justifié  le choix d’une table ronde, rappela en guise d’introduction  combien l’écriture et la genèse du texte définitif avaient été laborieuses. A l’origine on trouve un texte au style éblouissant, quelques  pages superbes,  denses et serrées , une méditation qui semble contenir en germe tout ce programme d’exploration de l’écriture qui sera au cœur de l’œuvre… mais que Joyce laisse en l’état, pour s’attacher à un gros manuscrit  de plus de mille feuillets, qui ne sera pas publié de son vivant et qu’on connaît   aujourd’hui sous le titre de Stephen le héros .Ouvrage prolifique, que Joyce,  dans un moment de découragement, jeta au feu, et que Nora réussit à sauver, au moins en  partie. Enfin, mais au prix d’une métamorphose radicale du style, de l’écriture, de la pensée, et en opérant un changement de position radical, cet ouvrage qu’on va examiner, d’environ 300 pages, comportant cinq chapitres, et dont le caractère novateur n’échappa pas aux critiques avisés et aux auteurs contemporains  de Joyce.

 

Gérard  Colonna d’Istria ouvrit le bal, en s’attachant au premier chapitre du Portrait. Mais avant  de se livrer à une lecture proche du texte, il étaya son commentaire        d’un certain nombre de remarques, indispensables  à ses yeux, pour saisir les enjeux du texte.

D’abord,  prêter attention au mythe de   Dédale, et à l’usage qu’en fait Joyce. Dédale, l’homme qui sait par  ruse tourner la nécessité ou les lois de la nature à son avantage, l’artificier fabuleux du labyrinthe, et qui saura se transformer en homme-oiseau pour fuir par les airs. C’est lui qui fera   découvrir à Stephen sa vocation d’artiste et ce monde intemporel de la création artistique auquel  on accède par une ascension soudaine de l’âme, qui se  dépouille de sa matérialité et s’élève vers le soleil. C’est dans cet instant d’extase que Stephen  peut évoquer Dédale et assumer son nom.

Cet art de la création artistique, Joyce, citant Ovide,  l’avait  défini   comme « un art inconnu qui ouvre de nouvelles voies à la nature ».

Mais Joyce ne s’en tient pas là. Il se peut aussi qu’il ait vu dans les pièges et les ruses de Dédale la possibilité de  tramer quelque chose d’analogue dans l’écriture. Borgès ne se trompait pas quand il qualifiait Joyce comme « l’irlandais enchevêtré et presque infini qui trama Ulysse ».

Ensuite,  interroger le titre même de l’ouvrage. Un portrait pourrait n’être qu’un miroir narcissique. Mais, chez Joyce, rien de tel. Il ne s’agit pas du portrait de la personne de Stephen Dedalus. « Un Portrait n’est pas un papier d’identité, mais bien plutôt la courbe d’une émotion » Ce qui est en jeu,   c’est le portrait de la fonction  artistique, saisie  en acte et isolée. A quoi il convient d’ajouter, pour que le titre soit complet, qu’il s’agit du portrait de l’artiste « en jeune homme ». Mais comment comprendre cette formule ? Est-on renvoyé  à ce moment de la vie où on passe de la condition d’adolescent  à la condition d’homme complet ?  Faut-il entendre dans « jeune homme » un  homme porté à l’enthousiasme de la jeunesse, et de ce fait tenté, comme Icare, de s’approcher trop vite du soleil ? Mais n’est-ce pas aussi entendre dans l’expression « en  jeune homme » : quand il était jeune …et qu’il succombait aux péchés  de la jeunesse. Dès lors la jeunesse s’est évanouie, le  roman de formation est achevé,  il faut aller vers autre chose. Ne l’oublions pas, le Portrait s’achève sur l’exil.

On le voit, ces questions ne sont pas de simples préliminaires, elles engagent le lecteur dans un travail d’interprétation, où il n’a plus l’avantage d’avoir à sa disposition un auteur omniscient pour l’aider à répondre.

Ce refus d’intervenir directement, de la part de l’artiste, doit être examiné de près. Le Portrait, d’une certaine manière, participe d’un genre littéraire prisé au XIX° siècle : le roman de formation. Le lecteur assiste à la formation d’une conscience : Stephen s’ouvre progressivement au monde, un monde souvent violent, où il se découvre étranger, qu’il assume avec une distance intérieure. En même temps cette distance est une distance critique que Joyce lui  accorde sans restriction, et qui le prémunit contre la tentation de s’attacher à une place. L’artiste n’a pas vocation à devenir propriétaire... S’il existe un  recours, c’est dans la marche qu’il faut le chercher. Comme Bloom, Stephen déambule, et il affirme sa vocation à la fin de l’ouvrage par un claironnant : « En avant ! ».  La création artistique est un « work in progress ». La formule dit tout.

Mais  il arrive que Stephen commette des erreurs. Sa vision du monde (comme la nôtre !) n’est pas exempte de lacunes. Joyce n’intervient pas directement, il met plutôt en scène des situations ambigües, flottantes… Face à ce monde que nous qualifierions aujourd’hui comme un monde de crise du sens, Stephen peut user du doute et de sa capacité d’autocritique, et le lecteur  l’accompagner dans ses interrogations.

C’est précisément en usant d’une théâtralisation  de ce genre que Joyce ouvre le Portrait. « Il était une fois et c’était une très bonne fois »… D’emblée il se distingue d’une tradition romanesque et d’une  forme de récit essentiellement  chronologique, l’ouvrage s’inscrit dans une histoire qui commence comme un conte. Stephen petit garçon coupe le cordon ombilical, il s’ouvre à  la conscience en observant une  série d’évènements. Mais il est en même  temps  projeté dans un  temps  autre qui ne lui appartient  pas, qui a quelque chose d’intemporel  et d’impersonnel qui  l’exclut.

Deux scènes contradictoires se succèdent. Joyce construit son texte comme si un petit enfant élaborait progressivement   sa vision du monde grâce à sa perception  d’une série de scènes, simplement juxtaposées, comme dans un montage cinématographique, des scènes données à l’état brut, qui s’imposent à l’enfant d’une autre  manière  qu’aux adultes : comme un défilé ininterrompu  de sensations  où tous les sens (comme dans la statue de Condillac) sont  requis   pour constituer le monde de l’enfant. Et dans ces sensations qui se succèdent,  l’enfant s’émerveille de cette puissance que possèdent les mots d’être des intermédiaires privilégiés  entre le monde et lui. Des voix venues du monde s’imposent à lui, elles sont comme l’expression mystérieuse du monde perçu et en même temps comme une puissance dont les adultes semblent détenir le sens.

On n’entrera pas ici dans l’analyse détaillée des deux scènes contradictoires qui ponctuent cette ouverture…  Disons simplement que dans la  première, Stephen vit ses premières expériences dans   le cercle protecteur de la famille, un monde musical, festif, agréable et joyeux. Puis, brutalement, ce monde et ce bel  ordre sont détruits.  Le conflit s’introduit à propos d’une petite fille et du désir amoureux de Stephen, brutalement frappé d’interdit par la tante Dante. Dans la tête de Stephen, désormais, le désir, la beauté, le sacré, les interdits, la peur du châtiment entrent en conflit. C’est le choc  premier et inaugural. Tous ces éléments, en apparence disparates vont se retrouver et s’organiser dans les expériences qui vont suivre, et constituer une structure qui s’appliquera tout au long de l’ouvrage. Stephen découvrira sa différence dans un univers hostile, et contre lequel il lui faudra s’armer « des seules armes que je m’autorise à employer : le silence, l’exil et la ruse ».1

 

Dès ses premières rencontres avec  Budgen,  Joyce avait qualifié Ulysse,  qu’il était en train d’écrire, d’ « Odyssée des temps modernes »  et affirmait qu’on pouvait l’entendre  comme « l’épopée du corps humain », tout en précisant que cette épopée du corps n’a rien à faire avec une planche anatomique. Ces formules frappantes ne sont pas  que des effets de style. C’est ainsi que, dans le schéma  d’Ulysse, que Joyce propose à Linati,  il établit des correspondances entre chaque épisode et un organe du corps ; mais, chose étonnante, il fait exception pour les trois premiers chapitres  (la Télémachie) en déclarant que (traduisons le plus littéralement possible) : « Stephen ne pâtit pas, ne souffre pas  encore du corps » - formule que certains analystes ont interprété radicalement comme signifiant « Stephen n’a pas de corps »…

C’est à cette formule qu’Annie Tardits, dans des articles ou des communications antérieures,  avait, à l’encontre de ces thèses,  tenté d’assigner un sens, en s’appliquant à voir comment Joyce  prenait en compte ce qu’elle propose d’appeler  « le corps pulsionnel ». Non pas le corps des organes, le corps anatomique, mais le corps construit par la parole, celui qui va permettre la jouissance. Se tourner vers ce « pâtir » du corps, et poursuivre l’examen de cette question dans le Portrait de l’Artiste. Retrouve-t-on dans ce texte des circonstances dans lesquelles Joyce nous montre Stephen « pâtissant » ou « souffrant » du corps » ?

Prenant comme thème central un passage du livre II (le chapitre 5, celui où Stephen reçoit une raclée), elle souligne d’abord  la présence insistante d’un monde de « bagarres », dans  les deux premiers livres où abondent les cris, la violence physique et verbale des élèves, mais aussi des maîtres, orfèvres  dans l’art du châtiment, sans parler des crises familiales, comme le repas de Noël qui dégénère quand on aborde le cas de Parnell. Autant de situations qui montrent à l’évidence que Stephen pâtit  bien dans son corps… Tout l’art d’écrire de Joyce  se déploie ici, cet art dédalien de l’architecte qui  construit des scènes en établissant   des correspondances subtiles entre elles, qui incitent le lecteur à se reprendre et à s’interroger sans cesse.

Mais  il y a plus. Dans une analyse serrée du passage où Stephen se voit accusé d’hérésie par son  professeur et ses camarades,  qui n’hésitent pas, sous le prétexte qu’il  a défendu Byron, à  le contraindre par la force à avouer son hérésie,  Annie Tardits souligne que, dans cette extorsion de l’aveu,  Joyce retrouve la question de la vérité. L’inquisition revendique la vérité, et elle est constamment prête à l’obtenir par la torture… Stephen  avait été châtié parce que, selon le père Dolan, il était fainéant, mais surtout menteur, un chef d’accusation qui, comme devait le rappeler Jacques Aubert, implique  toujours  un accusateur qui  se prétend détenteur d’un savoir absolu. Joyce nous fait ainsi comprendre que derrière le refus de l’hérésie et la revendication d’un savoir absolu, il y un savoir dont on ne parle pas. Les véritables enjeux sont du côté de ce savoir et de la jouissance, ils sont dans les « blancs du langage » (J .Aubert)

Restait un dernier point. Comment comprendre, dans le passage cité,  se demande  A. Tardits, qu’au bout d’un moment, la colère de Stephen s’apaise ? Entre plusieurs hypothèses, elle suggère une interprétation « spinoziste »  séduisante. La  puissance  négative des affects de colère,  qui participe et procède toujours  de la tristesse se montrerait capable de modifier cette passion triste et d’accéder au statut d’une puissance positive qui participe de la joie : Stephen « avait senti qu’une certaine puissance le dépouillait de cette colère subitement tissée, aussi aisément qu’un fruit se  dépouille de sa peau tendre et mûre »2

 

Enfin, il revenait à Mustapha  Safouan, éminent analyste et spécialiste de Lacan, d’apporter une contribution plus large, en réfléchissant, sans s’en tenir au Portrait, sur le problème de l’écriture  de Joyce. Méditation  profonde et exemplaire, qui trouvait en même temps le moyen de saisir et de prolonger les exposés précédents en montrant les véritables enjeux.

Mustapha  Safouan commença par rappeler que l’œuvre de Joyce se situait dans un cadre, le début du XX° siècle, qui avait opéré un déplacement majeur dans la question : qu’est-ce que la littérature ? Ce qui était mis au premier plan par les écrivains du XIX°, et qu’on  trouve encore chez Flaubert, c’est la relation de l’écriture et de l’écrivain à la  société. Désormais, ce qui vient au  premier plan, chez Joyce ou Virginia Woolf, c’est la relation au langage. Il ne convient plus d’écrire, comme le souligne Virginia Woolf, un « roman sociologique » qui décrirait les rapports  entre les gens et leurs activités communes, mais de « dévoiler la relation de l’esprit aux idées générales et soliloquer dans la solitude ». En outre, il faut marquer que ce déplacement de l’intérêt n’est pas cantonné dans la seule sphère de la littérature, il affecte tout le domaine de ce qu’il est convenu d’appeler le « culturel ». Mustapha Safouan  donne l’exemple de  la parenté telle que la conçoit l’anthropologie contemporaine : dans la sociologie du XIX° (ex : Morgan), on souligne que les êtres humains se soumettent à des lois sociales  qui tissent entre les membres d’une société des liens de parenté. Mais qu’en est-il aujourd’hui ? Quelle que soit l’importance biologique qu’on prête au père et au sang de la mère dans la fabrication d’un être humain, la relation de parenté est l’objet d’ un bouleversement radical : elle devient de part en part « culturelle », mais en même temps de plus en plus ténue, de plus en plus mince… et cela à un moment où le prestige de la famille patriarcale, et son corollaire, la domination masculine, vacillent. La signification de la paternité est devenue un acte de foi, grâce auquel je me situe dans une relation à un  père, c'est-à-dire, ici quelqu’un  qui m’a reconnu comme son fils (et il est révélateur que Lacan n’ait trouvé, pour retenir quelque chose de l’efficacité de la paternité que le  « nom du père » !

On est bien alors dans une situation de crise mais il ne faut pas entendre par-là une perte de toute signification. C’est bien plutôt le trop plein des significations qui fait problème. Nous tissons certes des significations, nous passons d’une signification à une autre mais cette multiplicité même fait naître le doute. La question se pose de savoir si nous en sortons jamais ! La primauté accordée au langage ébranle nos certitudes. Pouvons-nous avoir un contact direct avec les choses, avec l’objet ? Pouvons-nous entendre des voix qui viennent du réel ?

C’est ici, en ce point névralgique, qu’il faut se demander si cette  rencontre  avec  le réel n’est pas à la racine de l’acte d’écrire de Joyce. Aussi bien quand il réfléchit sur l’esthétique qu’il trouve chez Saint- Thomas que dans son œuvre propre, tout se passe comme si  son art d’écrire était un art de s’effacer comme écrivain pour laisser en quelque sorte parler les choses. Mustapha  Safouan a cette belle formule : « On a là l’idéal d’une magie qui vise à transformer la chose dont on parle en chose qui  parle ».

Qu’on songe simplement ici à la nouvelle « Les Morts » et à ce passage stupéfiant où on ne sait plus si  nous lisons la description  des choses telles que Gabriel les voit à travers les vitres de la fenêtre ou si ce sont les  choses,  la neige qui tombe inlassablement en recouvrant  Dublin dans le silence de la nuit, en nous confiant ce message ultime, la fin de toutes choses.

On  a donc là un idéal d’écriture qui consiste pour Joyce à s’effacer  pour nous laisser écouter ces voix qui montent du réel. Dans la chute de la certitude qui résulte de cette primauté accordée au langage, on peut voir aussi, conclut Mustapha  Safouan, dans l’écriture  de Joyce, face à cette crise du sens, un mécanisme de défense contre ce que Lacan nomme la menace de la forclusion.

La discussion qui suivit fut vive et elle permit  à l’auditoire d’éclairer des points et de formuler des problèmes qui sont au cœur de la réflexion de Joyce sur la création artistique. Dans le projet d’une esthétique que Joyce, dans le Portrait de l’Artiste,  offre  en partie comme « du Saint-Thomas appliqué », quelle place assigner à l’usage d’Aristote et plus généralement  des philosophes ? Quel rapport peut-on établir entre philosophie et littérature ? Faut-il dire que Joyce donne congé aux  systèmes philosophiques  en privilégiant  la particularité du roman dans sa capacité à saisir quelque chose d’universel ? Jacques Aubert fit valoir qu’il conviendrait, pour saisir les « faux pas » de  Joyce avec Aristote et Saint-Thomas, de prendre en compte une aporie qui est au cœur de son œuvre : la confusion entre le plaisir esthétique, cette théorie du beau qui  lui échappe quand il veut commenter Saint-Thomas, et la jouissance ? Une chose qu’il avait rencontrée  dans son rapport avec ses maîtres jésuites et son rapport au savoir, une collusion entre savoir et jouissance dont il était embarrassé. L’idée matricielle de cette esthétique doit-elle être cherchée dans ce que Joyce nomme l’épiphanie ? Tant qu’on en reste au Portrait de l’Artiste, l’idée d’une  théorie esthétique autonome demeure prédominante. Mais avec Ulysse tout change : c’est dans l’œuvre même qu’on est incité à la chercher.

Gérard Colonna d’Istria,  8 décembre 2013

 


1 J’ai laissé de côté un passage  énigmatique, mais que l’intervention de Mustapha Safouan vient éclairer d’un  jour nouveau. Joyce a placé dans ce chapitre  d’ouverture deux quatrains en  italiques :

 

Ses yeux ils crèveront,

Demander pardon,

Demander pardon,

Ses Yeux ils crèveront

 

Demander Pardon,

Ses yeux ils crèveront,

Ses yeux ils crèveront,

Demander pardon.

 

Dans ces quatrains l’interdit s’énonce et semble suivi d’effets. Mais qui parle ? La voix est anonyme. Faut-il dire qu’elle affecte la forme de ces voix du monde, ces voix qui semblent  venir du réel… On retrouverait ici tout l’art de l’écriture de Joyce : un art de s’effacer comme écrivain pour laisser parler les choses, « l’idéal d’une magie qui vise à transformer la chose dont on parle en chose qui parle », comme le dit Moustapha Safouan (cf. infra)

 

2 L’hypothèse d’Annie Tardits se trouve corroborée par un texte de Koestler, emprunté au Testament espagnol, qui a été lu dans la discussion, par Elisabeth Leypold.

Par James Joyce in Saint-Gérand - Publié dans : Jour d'Ulysse 2013
Voir les 0 commentaires
Jeudi 20 juin 4 20 /06 /Juin 14:15

La table ronde aura lieu à 16h  à l’Espace James Joyce sur le thème du Portrait de l’Artiste,

Interviendront :

-          Gérard Colonna d’Istria, professeur honoraire, agrégé de Philo : Le Portrait, ouverture.

-          Mustapha Safouan, psychanalyste qui a travaillé avec Lacan : L’acte d’écriture chez Joyce.

-          Annie Tardits, psychanalyste ayant contribué au volume Joyce avec Lacan : La scène de la raclée.

-          Jacques Aubert, spécialiste incontesté de Joyce en France : Qu’y-a-t’il dans un nom ? Stephen Dedalus ?

-          Patrick Roy, éditeur : Présentation de la traduction d’Adrien Louis de Music de Chambre (poèmes de Joyce) avec préface de Jacques Aubert.

-          Pascal Bataillard, Maître de conférence, co-traducteur de la dernière édition d’Ulysse, Président de l’Association, modérateur.

La balade dans Saint-Gérand, Sur les pas de Joyce,  le petit déjeuner Aux Délices, le repas à l’hôtel de la paix et le Café, chez Olivier, seront animés de main de maître par les James Joyce Minstrels : Liam, Marine, Catherine, Janik, Jeff, Luc, Thibault- passionnés par la découverte de l’œuvre de Joyce- nous promettent de joyeux et plus émouvants moments musicaux, des lectures surprenantes, le tout émaillé d’anecdotes savoureuses sur la vie de Joyce et sur l’environnement dans lequel il a vécu.

Le pot de l’amitié à 18h 30 offert par la municipalité permettra à Monsieur Cadoret Maire de s’adresser, au nom du petit fils, aujourd’hui en âge de grand père, à des enfants du Collège Jules Ferry de Vichy. Stephen Joyce et son épouse Solange tiennent à les remercier pour le travail de qualité, effectué à partir du Chat et du Diable, qu’ils le leur ont fait parvenir.

Bonne Journée d’Ulysse à tous les participants !

Par James Joyce in Saint-Gérand - Publié dans : Jour d'Ulysse 2013
Voir les 0 commentaires
Jeudi 20 juin 4 20 /06 /Juin 13:30

006.jpg

Par James Joyce in Saint-Gérand - Publié dans : Articles de Presse
Voir les 0 commentaires
Jeudi 20 juin 4 20 /06 /Juin 13:20

001004003.jpg 

Par James Joyce in Saint-Gérand - Publié dans : Articles de Presse
Voir les 0 commentaires
Jeudi 20 juin 4 20 /06 /Juin 11:50

005

Par James Joyce in Saint-Gérand - Publié dans : Articles de Presse
Voir les 0 commentaires
Vendredi 24 mai 5 24 /05 /Mai 14:10

   
    programme-pages-2a.jpg

programme-pages-2b.jpg 

Par James Joyce in Saint-Gérand - Publié dans : Jour d'Ulysse 2013
Voir les 0 commentaires
 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés