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  • : James JOYCE à Saint-Gérand-le-Puy
  • James JOYCE à Saint-Gérand-le-Puy
  • : Informations, échanges sur la vie et l'oeuvre de Joyce. Thèmes de rencontres, conférences, tables rondes. Evènementiel : "Le jour d'Ulysse" Musée et bibliothèque Anna Livia Plurabelle. Balade "Sur les pas de Joyce à Saint-Gérand-le-Puy".
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25 avril 2009 6 25 /04 /avril /2009 19:00

Règlement intérieur de l’association James Joyce à Saint-Gérand

.

Article 1 – Le Comité Scientifique

Il est composé de Joyciens reconnus, apportant une caution scientifique. Ce comité a pour fonction de conseiller et de délibérer avec les membres du Bureau désignés, afin d’établir la faisabilité des projets et de garantir la qualité des contenus concernant les conférences, colloques,  recherches, contacts pertinents, publications, etc.

Les membres sont les suivants : (les biographies, cf. Annexe pourront être modifiées à la demande des personnes concernées)

·       Jacques AUBERT,

·        Pascal BATAILLARD,

·       Annie TARDITS,

·        Jean JOINET,

·        Jean-Michel RABATE,

·         Franca RUGGIERI,

·         Carla VAGLIO MARENGO,

Article 2 - La cotisation

Certaines personnes peuvent être proposées à l’Assemblée Générale, par le bureau,  comme membres d'honneur, elles ne paient pas de cotisation et ne participent pas aux votes.

Les membres adhérents doivent acquitter une cotisation pour l’année n de 15 €, avant la date de l’Assemblée Générale qui vote le Bilan de cette année n écoulée. Toute cotisation versée à l'association est définitivement acquise. Il ne saurait être exigé un remboursement de cotisation en cours d'année en cas de démission, d'exclusion, ou de décès d'un membre.

Il est possible de verser un don de soutien à l’Association. Cette option figurera sur le bulletin d’adhésion

Article 3 - Admission de membres nouveaux

Les personnes désirant adhérer devront remplir un bulletin d’adhésion. Pour les mineurs de moins de seize ans, ce bulletin est rempli par le représentant légal.

Cette demande doit être acceptée par le Président et le bureau. Dès le paiement de la cotisation, une carte d’adhérent(e) sera remise.

Article 4 – Perte du statut de membre

Le membre n’ayant pas réglé sa cotisation annuelle dans un délai de 1 mois à compter de la date d’exigibilité sera considéré comme démissionnaire.

Article 5 - Le règlement intérieur : Le règlement intérieur est établi par le bureau. Le nouveau règlement intérieur est adressé à tous les membres de l'association par lettre simple sous un délai de 10 jours suivant la date de la modification.                            Le…., à…



Annexe : Biographies des membres du Comité Scientifique

 

 

Jacques AUBERT, professeur émérite, a été professeur de littérature anglaise  et contemporaine à l’Université de Lyon II. Il est l’éditeur des Œuvres  de Joyce, 2 volumes, Bibliothèque de la Pléiade (Gallimard, 1982 et 1995) et l’auteur de l’Introduction à l’esthétique de James Joyce, Didier, Paris, 1973 (Traduction en anglais, revue et augmentée, The John Hopkins University Press, 1992). Un des grands spécialistes de Joyce. On lui doit également, entre autres, en collaboration avec Maria Jolas, Joyce et Paris, deux volumes, éditions du CNRS, Paris, Lille, 1979, et Joyce avec Lacan, Navarin, Paris, 1987. Il a dirigé la nouvelle traduction d’Ulysse, aux éditions Gallimard, NRF, 2004 (folio, 2006). Il a également dirigé les cahiers de l’Herne James Joyce 1985 – Membre de l’Ecole de la Cause freudienne.

 

Pascal BATAILLARD,   Maître de conférence à l’Université Lumière de Lyon II,

Il est co-traducteur de la nouvelle édition d’Ulysse parue en 2004 et l’auteur de multiples articles sur James Joyce et son oeuvre. Il a dirigé avec Dominique Sipière : Dubliners, James Joyce, The Dead, John Huston, «CAPES, Agrégation Anglais ». Paris : Ellipses 2000.

 

Jean JOINET, agrégé d’italien, a enseigné dans les classes préparatoires et, comme lecteur de français en Italie, à l’Académie Navale de Livourne, aux Universités de Bologne et de Rome. Il a dirigé les Instituts français de Zagreb et de Naples, ainsi que la Maison du Liban (CIUP).Il s’intéresse à Valery Larbaud et à ses correspondants en Italie, en particulier Nino Frank et Ettore Settanni,  deux des traducteurs qui ont collaboré avec Joyce à la réécriture en italien d’Anna Livia Plurabella. Ses articles sont publiés dans les Cahiers Valery Larbaud.

 

Jean- Michel  RABATE est Professeur de littérature anglaise à l’University de Pennsylvanie, USA, après avoir été Professeur de Littérature anglaise à l’Université de Dijon. Il a soutenu une thèse sur les Lectures critiques de James Joyce, Ezra Pound et Hermann Broch  (Paris VII) – Il a publié de nombreux articles dans les revues Poétique, Critique, Le Magazine Littéraire, et diverses autres revues, françaises et anglo-saxonnes. Il est l’auteur  de nombreux ouvrages consacrés à Joyce, en particulier : Joyce, Portrait de l’auteur en Autre lecteur, Cistre, Petit-Roeulx, 1984. – Authorized Reader, Johns Hopkins University Press, Baltimore, 1991 (traduction revue et augmentée de l’ouvrage précédent) – Joyce Upon the Void. The Genesis of Doubt, Macmillan, Londres, 1991 – James Joyce - L’œuvre de Joyce ou la trame de la vie) Hachette Supérieur, 1993. – James Joyce and the Politics of Egoism, Cambridge University Press, 2001.  Il a participé à l’édition du tome 2 des Œuvres de Joyce (2 volumes dans la Bibliothèque de la Pléiade, édition établie par Jacques Aubert, Gallimard, 1982 et 1995).

 

Franca RUGGIERI est Professeur de littérature anglaise à l’Université de Rome 3. Elle est éditeur de James Joyce Studies in Italy et coordonne le "Ph D program in Literary Theories and Comparative Studies. Elle a publié de nombreux ouvrages sur la littérature du XVIIIème siècle et sur James Joyce, dont les ouvrages suivants : Maschere dell’artista, Introduzione a Joyce, L’età di Johnson et Dal Vittorianesimo al Modemismo.

 

Annie TARDITS, psychanalyste, Ecole de Psychanalyse Sigmund Freud. Auteur du livre Les formations du psychanalyste, Ramonville Saint-Agne, Eres 2000, et de nombreux articles sur la théorie et la pratique psychiatriques. Elle a publié également plusieurs articles sur la psychanalyse et la création artistique, et sur James Joyce dont une contribution à Joyce avec Lacan, - (Jacques Aubert Direction)  Paris, Navarin, 1987 ; et au volume The languages of Joyce (John Benjamins, 1992). A codirigé le n°48 de la revue Le  Genre Humain, "L'impensable qui fit penser. Histoire, théologie  psychanalyse", Paris, éditions du Seuil, 2009.
  

 

Carla VAGLIO MARENGO est professeur de langue et littérature anglaises à la Faculté des Lettres, Université de Turin.

Elle a publié sur de nombreux auteurs et sur des thèmes très divers de La littérature irlandaise : Yeats et principalement  Joyce (géographie,  cartographie, le Futurisme, le monologue intérieur, la linguistique, lanterne magique et cinéma). Son œuvre comporte aussi des articles sur Homère, Dante, Blacke, Shelley, d’Annunzio, Vico et Bruno.

Elue en 1981 au Bureau de l’International James Joyce Foundation, elle a organisé le 11ème symposium sur Joyce en 1988 à la Fondation Cini de Venise et a régulièrement participé aux symposiums et colloques d’universités : Paris 3, Philadelphie, Université Lumière de Lyon 2, Turin, Bologne–Forli, Rome3 (où elle fut co-fondateur de la James Joyce Italian Foundation). Elle publie à la fois en anglais et en français.

Elle est aussi intervenue lors des symposiums de Budapest en 2006, de Tours en 2008 ; a ouvert les conférences plénières au Colloque « Joyce et l’Italie » à Saint-Gérand-le-Puy en 2008 et au Festival du Film de Trieste « Joyce between Variety Futurist Synthetic Theater and Cinema » en Janvier 2009

Elle est membre du Bureau du Journal of Modern Literature (depuis 1986) et de The James Joyce Studies (depuis 1999).

 

 

 

                                            

 

 

 

 

 

 

 

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25 avril 2009 6 25 /04 /avril /2009 18:30

CANDIDATURES AU BUREAU DE L’ASSOCIATION

James Joyce a Saint-Gerand

 

 

 

 

 

 

Bertola Marc, Maître Verrier à Vichy, membre du Collectif James Joyce à Saint-Gérand

 

 

Cadoret Xavier, Maire de Saint-Gérand-le-Puy, Professeur agrégé d’économie à Vichy, membre du Collectif James Joyce à Saint-Gérand

 

 

Colonna d’Istria Gérard, Professeur Honoraire agrégé de Philosophie, membre du Collectif James Joyce à Saint-Gérand

 

 

Courtadon Simone, Professeur des écoles, retraitée, membre du Collectif James Joyce à Saint-Gérand

 

 

Duc Anita, Professeur d’Anglais à Vichy, membre du Collectif James Joyce à Saint-Gérand

 

 

Papala Susan, Gestionnaire de Gîte rural, traductrice, membre du Collectif James Joyce à Saint-Gérand

 

 

Peronnet Jean-Claude, Professeur agrégé de lettres à l’IUT de Moulins, membre du Collectif James Joyce à Saint-Gérand

 

 

Reveret Odile, Adjointe à la Mairie de Saint-Gérand-le-Puy, commerciale en agence de voyage à Vichy, membre du Collectif James Joyce à Saint-Gérand

 

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5 avril 2009 7 05 /04 /avril /2009 12:05

Pacal BATAILLARD  (Université Lumière-Lyon 2):
Organisateur des conférences  et du Colloque.
































Annie TARDITS (Psychanalyste), Jacques AUBERT (Université Lumière Lyon 2), Jacques LE BRUN (Ecole Pratique des Hautes Etudes), "Le péché, l’écriture de la faute : du salut à l’impossible."

photo_annie.jpg
 


Franca RUGGIERI 
(Università Roma Tre) :
"Joyce Studies in Italy ( from 1999 to 2007, from "Classic Joyce" to "Joyce in/and Translation"), and the new series of Piccola Biblioteca Joyciana, with the most recent perspectives."

Carla VAGLIO MARENGO (Torino Università) /
"James Joyce : Argonaut on the Adriatic"




Jean-Michel RABATE :
(University of Pennsylvania), "From Giacomo II to Pius XII : James Joyce, the saintly heretic."

 


Marie-Dominique GARNIER
(Université Paris 8) :
"Jacomo del Oio, sudito botanico’ : Giacomo of the Oil and the botanic subject."



















Atelier sous la direction de Franca Ruggieri (Università Roma Tre), "Reading Joyce in Italy"

Fabio LUPPI
(Università Roma Tre) :
 "Joyce in Rome (Joyce’s letters from Rome and G. Melchiori’s Joyce in Rome, 1984)"

Maria Domenica MANGIALAVORI (Università Roma Tre) :
"Joyce and Trieste"




Federico SABATINI
(Torino Università) :
"In the Flash of an Eye a Multiplicity of Things" : The Poetics of the (In)Finite in James Joyce and Giacomo Leopardi."

Teresa PRUDENTE (Torino Università) :
"Transmuting Languages : the Re-definition of Realism from Petronius to Joyce and Gadda"


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4 avril 2009 6 04 /04 /avril /2009 16:37
Le Jour d’Ulysse 2009 a été fixé au Samedi 20 juin 2009, à Saint-Gérand-le-Puy et devrait se dérouler comme suit :

 1) une promenade commentée à travers Saint Gérand, devenue désormais une tradition : « Sur les pas de Joyce » 

                 2) déjeuner à l'Hôtel de Paix
                

3) une Table ronde sur le thème : « Lire Ulysse », à laquelle participeront des spécialistes aptes à éclairer les difficultés que peut rencontrer la lecture du texte : Pascal BATAILLARD, Jacques AUBERT, Annie TARDITS, Jacques LE BRUN, Gérard COLONNA  D'ISTRIA...


               4
) un dîner avec accompagnement musical de Liam Healy et Alice Challet, au Café Parisien.

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3 avril 2009 5 03 /04 /avril /2009 16:12

 

                                       PROJET    D’  ASSOCIATION 

 

 

1 - Réunis  ce mercredi 5 février 2009, le Groupe de réflexion sur « Joyce à Saint  Gérand le Puy », resté jusque là plus ou moins informel, a pris la décision de se constituer en une Association dont le titre pourrait être : Société des Amis de James Joyce à Saint Gérand le Puy.

 

2  - Cette Association se fixe comme finalité essentielle une finalité culturelle : faire découvrir et connaître l’oeuvre de Joyce à un public qui soit le plus large possible. Et, à cette fin, mobiliser tous les moyens qui peuvent y concourir. En particulier :

 

a) lectures en commun et discussion critique ouverte à tout public intéressé et qui désire se familiariser avec l’œuvre de Joyce, organisation de cours, conférences faites par des spécialistes : universitaires, chercheurs, commentateurs ou critiques reconnus, colloques, tables rondes, lectures de textes de Joyce par des comédiens, etc.

 

b) mise à la disposition du public du fonds de lecture de la bibliothèque ALP, et enrichissement progressif de ce fonds par l’achat – dans la mesure des moyens dont l’Association pourra disposer – d’ouvrages consacrés à l’œuvre de Joyce.

 

c) en principe, chaque année, dans le courant du mois de Juin, organisation d’une ou deux journées exceptionnelles qualifiées de « Jour d’Ulysse »,  journées qui ont été instituées depuis 2003. Dans l’avenir immédiat, le Jour d’Ulysse 2009 a été fixé au Samedi 20 juin 2009, et devrait se dérouler comme suit :

1) une Table ronde sur le thème : « Lire Ulysse », à laquelle participeront des spécialistes aptes à éclairer les difficultés que peut rencontrer la lecture du texte

 2) une promenade commentée à travers Saint Gérand, devenue désormais une tradition : « Sur les pas de Joyce »

 3) enfin un repas pris en commun avec accompagnement musical.

 

3 – Le groupe qui vient de se réunir souhaite l’adhésion de toutes les personnes qui ont envie de découvrir et de lire Joyce. Et il accueillerait avec le plus grand intérêt les suggestions ou les modifications qui vous paraissent indispensables ou simplement utiles concernant ce qui n’est pour l’instant qu’une ébauche de projet.

 

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2 avril 2009 4 02 /04 /avril /2009 17:42
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1 avril 2009 3 01 /04 /avril /2009 19:14
 Dîner animé par les J.J. Minstrels à l’Hôtel de la paix

                                                                               

     _3053.jpg 


Concert de musiques traditionnelles d’aujourd’hui, d’ici et d’ailleurs par le groupe
Trad’Air Actif
 

Hommage à Roger Blachon : présentation d’une collection de dessins publiés dans l’Equipe, appartenant à Jacques Terret. (salle socio culturelle)



Gravures sur Ulysse de Joyce et sur l’Odyssée présentées par Clément Leca.
(Verrière de la salle socio culturelle)

Lumières d’Italie : exposition de peintures réalisées par l’Académie d’Art Armand Reby. (Salle Louis Bardet)

- Exposition de photos sur le thème d’Ulysse par Olivier Chatannay photo - graphe. (Salle socio culturelle)

Sur les pas de Joyce à Saint-Gérand-le-Puy (Lectures, chansons par les J.J. Minstrels, sur les différents sites : Espace James Joyce, Hôtel de la paix, le Barbier, le Square James Joyce, la maison Ponthenier ; l’église, le lavoir, le château de la chapelle, Animations autour du conte Le Chat et le Diable de James Joyce, Illustrations de Roger Blachon....).

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1 avril 2009 3 01 /04 /avril /2009 18:13

LES CAHIERS BOURBONNAIS N° 204 | 59-60-61

 

 

VALERY LARBAUD ET JAMES JOYCE

LE DÉBUT DUNE RELATION PRIVILÉGIÉE

(LA RÉCEPTION DULYSSE)

 

par MICHEL BRISSAUD

 

C’est par l’intermédiaire de Sylvia Beach,propagandiste de la littérature nord américaine à Paris que Valery Larbaud découvre l’oeuvre littéraire de James Joyce à ce moment Ulysse paraît en feuilleton dans The Little Review une revue littéraire new-yorkaise. Une rencontre entre les deux écrivains a lieu la veille de Noël 1920, elle est en quelque sorte provoquée par Sylvia Beach qui, convaincue du talent et de la force novatrice de l’écriture de James Joyce, cherche à soutenir la diffusion de son œuvre à partir de la tête de pont que constitue sa librairie « Skakespeare and Co ».

 

 

Entre temps, Larbaud lit les numéros de TheLittle Review, le 22 février 1921, il écrit une lettre enthousiaste à Sylvia Beach où il dit être complètement entiché d’Ulysse. Loin d’être un engouement irréfléchi il s’agit d’un véritable plaisir du texte. L’oeuvre possède cette veine polymorphe et cette puissance globale démontrées par Rabelais, et Bloom est aussi immortel que Falstaff.

 

Ce n’est pas un hasard si dans l’article de la NouvelleRevue Française d’avril 1922, Larbaud tire un parallèle avec l’écrivain nord-américain Walt Whitman, car la découverte des premiers poèmes dans les recoins de Brentano’s fit perdre à Valery Larbaud, alors qu’il achevait ses études secondaires, le boire et le manger.

Mais le point commun le plus partagé entre les deux écrivains tient à la censure qui voulut étouffer leur oeuvre et à chaque fois au motif de l’obscénité, en effet la « Société pour la suppression du vice » devait déclarer Ulysse impubliable.

 

La relation entre Larbaud et Joyce s’intensifie au point que ce dernier communique à Larbaud les feuillets dactylographiés de l’épisode « Oxen of the Sun ».

La reconnaissance de l’oeuvre de Joyce par l’auteur d’Allen conduit ce dernier à vouloir donner une conférence dont la trame préfigure l’article de la Nouvelle Revue Française.

 

À ce moment Larbaud joue presque le rôle d’un éditeur qui incite à l’accomplissement final de l’oeuvre, il convient que le cycle d’Ulysse touche à sa fin, ainsi « Eumæus » émane d’une fièvre créatrice en quelque sorte provoquée pour aller vers Ithaca (Ithaque) décrit comme le vilain petit canard du livre mais aussi comme son épisode favori.

 

La conférence devait avoir lieu avant la fin de l’année 1921, si bien que Joyce dut réaliser son galop final, à la relecture des épreuves d’imprimerie. Il se rend compte qu’il aurait trop entrepris pour la réalisation de son oeuvre et qu’il arrive au terme d’une peine de sept ans.

Avant la conférence Joyce propose à Larbaud une sorte de table de correspondance entre la composition parfois complexe d’Ulysse et la thématique de l’Odyssée.

 

Apparaît aussi à ce moment le débat autour du monologue intérieur sorte de continuum, fil conducteur à la limite de l’inconscient qui soutient toute la dynamique de l’écriture. Le lecteur ne considère plus le personnage principal comme extérieur à lui-même mais comme coparticipant du déroulement de sa pensée, ce qui conduit à une modification radicale de l’écriture narrative. Une interaction « maïeuticienne » entre le lecteur et le narrateur, lecture et écriture en kaléidoscope.

 

Joyce reconnaît en Edouard Dujardin auteur des « Lauriers sont coupés » l’initiateur de ce procédé et il souhaita que cela fût publiquement affirmé. D’ailleurs Edouard Dujardin rédigera une nouvelle dédicace pour la nouvelle édition de 1930 dédiée à James Joyce « au glorieux nouveau venu, au suprême romancier d’âmes ».

 

Le 7 décembre 1921 la conférence est prête, il s’agit pour Larbaud de présenter l’auteur et son oeuvre. Je dirais qu’elle s’apparente à une conférence exposition où Larbaud se refuse à la simple critique analytique mais agit comme un guide posant l’oeuvre de Joyce sur un lutrin et donnant des clés pour une invitation à la découverte et surtout à la lecture. D’emblée il définit le public capable de lire Ulysse, il s’agit d’un public de lettrés, d’érudits à même de lire Montaigne, Rabelais et Descartes, car ceux qui aborderait la lecture d’Ulysse comme un simple roman seraient déroutés au bout de quelques pages.

 

Pour Larbaud, Joyce est un lecteur créateur. C’est un lien de parenté important ; dans l’oeuvre l’on retrouve le lecteur de la bibliothèque du « University College » de Dublin, celui de la bibliothèque Sainte-Geneviève. Le souvenir des lectures n’est ni une allusion, ni une référence et encore moins une coquetterie d’érudition. Mais il s’agit d’une parole qui s’amalgame dans le texte.

 

Dès les premières pages d’Ulysse, nous naviguons dans cet art de l’amalgame poli ; « We must go to Athens » n’est pas une simple invitation à un voyage, mais une incitation à découvrir la contemporanéité de ce qui va au-delà d’un simple héritage culturel. C’est « l’omphalos» pour nous-même, l’origine, le centre inavoué de l’univers, du démiurge caché. Omphalos est aussi le nom de la tour de Buck Mulligan, la tour de Montaigne, la thébaïde de Valery Larbaud.

 

Ces échos de lecture sont comme des points de repère constructeurs d’une cartographie de la parenté intellectuelle, car comme le dit Valery Larbaud, en lisant Ulysse le lecteur peut être dérouté : « en effet il tombe au milieu d’une conversation qui lui paraît incohérente, entre des personnages qu’il ne distingue pas, dans un lieu qui n’est ni nommé, ni décrit, et c’est par cette conversation qu’il doit apprendre peu à peu où il est, et qui sont les interlocuteurs ». Comme l’on retrouve dans l’oeuvre de Larbaud une veine bourbonnaise, il est de même pour la veine irlandaise pour l’oeuvre de Joyce, mais c’est aussi une attitude irlandaise à savoir que l’érudition se refuse d’être une distinction intellectuelle, l’on sait comme on connaît les légendes ancestrales. L’érudition dans Ulysse siège à pied d’égalité avec ce qui apparaît comme la banalité des faits quotidiens.

 

Joyce « the great debunker », le grand démystificateur, qui dépouille les statues de marbres de la mythologie grecque pour les réintroduire dans la vie quotidienne déjà livrée par les Dubliners, dans la force lyrique déjà ressentie dans Chamber Music.

 

Il importe pour Larbaud de souligner que la relation avec l’Odyssée ne se situe pas dans le cadre d’un héritage culturel mais plutôt dans celui d’une transposition culturelle.

 

Et c’est par ce biais que Larbaud anticipe sur la réaction des lecteurs. Il prend le cas du lecteur qui aura étudié au cours de ses années de lycée l’Odyssée dans le texte et dans le morne ennui d’une salle de cours, il n’aura retenu du texte, ce que Larbaud qualifie de « grande machine solennelle ». Cependant muni de la clé suivante : « Vous savez Stephen Dedalus est Télémaque et Bloom est Ulysse » l’oeuvre de Joyce ne lui paraîtra plus rebutante, il se départira en quelque sorte des statues de marbres archétypales du texte grec pour conférer aux personnages une humanité quotidienne.

 

Mais pour Larbaud ce n’est pas suffisant, car le lecteur interprétera le texte comme une parodie du texte original, à savoir le solennel et pompeux. Il aura « réhabillé » les statues sans opérer de translation. Il ou elle ne sera pas comme un Ulysse qui s’embarquerait pour le grand voyage initiatique et novateur, et il ou elle passera à côté de la puissance du texte. Ceci nous démontre combien le texte de Charles Lamb, « The adventures of Ulysses », que Joyce lut dans son enfance a été plus géniteur que le texte grec original.

 

Et Larbaud continue en citant toute la gamme des réactions des lecteurs lettrés : « pour d’autres, elle sera une étude de grand luxe, surtout philologique, historique et ethnographique, une spécialisation, une très noble manie et ils ne sentiront qu’accidentellement la beauté de tel ou tel passage ».

 

Ainsi pour l’auteur d’Allen, la clé de voûte qui réunit tous les points d’entrée pour la compréhension de l’oeuvre c’est l’esthétique.

 

Enfin Larbaud cite un dernier public de lecteurs, ceux qui devraient être le plus à même de comprendre l’oeuvre : « les créateurs et les poètes », mais pour eux « l’Athènes intellectuelle, est trop loin et ils sont trop préoccupés pour y aller » et ils pensent que la question a été réglée par la transmission de l’héritage culturel, en suivant la diachronie de toutes les oeuvres poétiques jusqu’à maintenant.

 

Et Larbaud souligne que pour Joyce ce fut tout le contraire car la lecture de l’Odyssée fut un voyage initiatique au moment où la puissance créatrice s’éveillait en lui. Et il relut le texte pour aller au-delà du plaisir philologique du grec, de la poétique c’est-à-dire par amour du personnage.

 

Barnabooth est aussi un personnage, polymorphe, un « metaoikos » sans cité d’attache, c’est un peu Ulysse en métamorphose, mais son inventeur voulut que sur la reliure de la traduction de l’oeuvre de l’auteur irlandais figurât le drapeau grec.

 

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1 avril 2009 3 01 /04 /avril /2009 18:00

Discussion

Précisions et commentaires de Gérard Colonna d’Istria

 

 

Question dans le public :

« Dans la correspondance de Larbaud avec Jacques Rivière (avant la conférence) Larbaud essaie de convaincre Rivière que Joyce est le plus grand écrivain. Rivière répond : je ne suis pas vraiment emballé. Comment est-il possible d’après vous que la NRF le publie malgré tout ? »

 

G. Colonna d’Istria. :

Il y a une affaire Gidienne là-dessous. Oui parce que Gide était assez réticent à la publication. Il a quand même participé à la souscription. Il a souscrit pour la publication mais il avait un certain nombre de réserves et Larbaud, incontestablement, s’est heurté pour la publication d’Ulysse à une résistance des lecteurs, des critiques français et en particulier à celle-là.

 

Et je crois que l’effort qu’il fournit dans son article de la NRF c’est un effort remarquable sur le plan pédagogique parce qu’il se donne un lecteur ordinaire et il dit : celui-là, le livre lui tombe des mains et puis un lecteur lettré mais ce lecteur lettré, il le conduit, chemin faisant, à travers tout un périple dans lequel il faut découvrir les strates successives qui permettent une lecture qui se complique de plus en plus, d’Ulysse.

 

Et c’est très remarquable parce qu’il commence par dire : le lecteur lettré « il est comme les copains, il tombe au milieu d’une conversation qui lui paraît complètement incohérente, avec des personnages qu’on ne distingue pas, dans un lieu qui n’est pas nommé, qui n’est pas décrit – il le sera progressivement -. Le livre a pour titre  Ulysse  et on ne voit pas un rapport tout de suite avec les personnages au début du chapitre et puis progressivement ce lecteur lettré commence à y voir plus clair, il découvre qu’il est à Dublin il reconnaît qu’il suit un Stephen Dedalus, il a peut être lu Le portrait. Stephen Dedalus revient de Paris, donc il commence à décaper ou à découvrir un certain cheminement et il y a trois premiers chapitres qui constituent un cheminement où on suit Stephen.

 

Michel Brissaud. : Ce sont les chapitres de sas pour préparer le lecteur.

 

G. Colonna d’Istria.  :

Voilà on rentre par l’intermédiaire de Stephen.

            Et puis, alors, il y a ce chapitre IV, brutalement, on revient en arrière et au même moment le roman redémarre à 8 h cette fois. C’est  Léopold Bloom qui commence sa journée et l’entrée en scène de Bloom c’est quelque chose qui surprend le lecteur car on a l’impression qu’on recommence le temps.

 

 Il y a une espèce de simultanéité des temps qui se met en place et cela veut dire que le lecteur devient un peu comme un virtuose qui a oublié d’exécuter une partition musicale. Il est renvoyé dans un monde dans lequel il a à rentrer, dans une œuvre qui est ouverte mais, qui implique de lui une participation mais cette participation, elle n’est pas évidente au premier abord puisqu’il a été brusqué de cette manière là.

 

Et puis Larbaud avance, il dit, mais il y a tout un parcours, qui se dessine comme ça pour le lecteur, à partir de là on va suivre Bloom. Alors, il est d’abord avec sa femme Molly qui est mal réveillée. Il est dans la cuisine, il est dans l’antichambre, il va au cabinet - on le suit vraiment dans tous les détails de ces opérations- où il se soulage en lisant des projets littéraires. On l’accompagne ensuite chez le boucher où il achète des rognons pour son petit déjeuner et il rencontre une jeune femme qu’il décrit avec les appétits du petit déjeuner ça lui fait l’occasion de fantasmer sur les hanches de la servante. Et puis, le parcours continue, il est dans la rue, il envisage de prendre un bain, ensuite il a un enterrement, il rentre dans une salle de rédaction d’un journal, il déjeune dans un restaurant, il passe dans la bibliothèque publique, il va à un bar, dans un hôtel où on donne un concert, il se dirige vers une plage et puis ensuite vers une maternité où il va prendre des nouvelles d’une de ses amies et puis il finit dans le quartier des bordels où il reste un bon moment, c’est l’épisode le plus long : Circé et où il rencontre Stephen Dedalus  et puis, finalement, les deux dernières heures de la journée, il les passe avec Stephen. Le dernier épisode c’est un long monologue intérieur de sa femme qu’il a réveillée avant de se coucher.

 

 Et alors, le lecteur lettré fait ce parcours et Larbaud prend bien soin de mettre en évidence que dans ce parcours, il est quand même déconcerté, il est comme le lecteur ordinaire. Il est plusieurs fois dérouté parce qu’il y a un tas de choses, des incidents, des personnages, des conversations qui viennent s’adjoindre là dedans à ce qu’il a cru comprendre, il a l’impression d’être installé dans l’intimité de personnages et puis parfois, il s’en détache.

 

 En même temps, il a le sentiment qu’il est inscrit dans le quotidien le plus radical mais en même temps ce quotidien est comme transfiguré parce qu’on fait tenir une journée, le monde entier dans une coquille de noix  de la journée que l’on est en train de vivre. Et puis, on bâtit, on franchit une strate supplémentaire et il y a déjà un premier parcours qui est dessiné comme cela, de lecture.

 

Et je trouve que pédagogiquement, c’est très habile de sa part parce qu’il fournit un chemin ou une grille de lecture pour les lecteurs que nous sommes tous. Et puis, alors ensuite, il complique un peu plus. Il dit : le lecteur lettré c’est un lecteur qui veut bien suivre le parcours, qui a bien fait l’effort. Mais il analyse, aussi, le lecteur lettré ; il découvre que chaque épisode a un style particulier, il est écrit d’une certaine manière, que les conversations sont faites d’hommes qui ne sont plus des personnages que l’on trouvait dans les Dublinois et qu’il y a de véritables essais philosophiques, des théories esthétiques affleurent, des conceptions de l’histoire, etc. Donc que tous ces morceaux lui donnent l’impression que ce n’est pas arbitrairement disposé dans le texte comme cela. Donc, il y a dix-huit épisodes qui sont comme des parties, qui ne sont pas isolées, qui en même temps renvoient à une trame qui pourrait être une trame unitaire , d’où l’idée qu’il va chercher une clé.

 

On pourrait s’amuser à réfléchir sur les clés, moi j’avais été frappé dans Ulysse par le fait que dans tous les épisodes, on franchit des portes, on ouvrait des portes et il faut toujours la clé. Quand on rentre dans Eole, par exemple, dont tu parlais tout à l’heure, on franchit une porte, il faut la clé pour pouvoir y entrer et là, probablement Joyce s’amuse à faire comprendre au lecteur qu’il n’y a pas de passe partout pour la lecture, il faudra à chaque fois qu’il reprenne, qu’il essaie de chercher ou de programmer quelque chose qui soit compatible avec une demande inventive. On demande au lecteur de devenir inventif et intelligent. Alors, où est la clé ?

 

Et à nouveau, on franchit une strate,  l’article de Larbaud est très pédagogique ; Et je trouve en même temps que ce n’est pas seulement pédagogique, il a formulé finalement toutes les questions que les critiques vont se poser ensuite et qu’ils vont tenter d’approfondir.

Alors où est la clé ? La réponse de Larbaud est admirable : il dit « La clé est sur la porte ! » Elle est sur le titre du livre : c’est Ulysse, c’est le rapport à l’Odyssée oui mais alors, quel rapport ? C’est là que Michel a expliqué très bien comment Larbaud construit son interprétation. Il dit « Le rapport à l’Odyssée » si vous  prenez le lecteur non lettré, il dit, bon L’Odyssée – qu’est-ce que j’en sais ? C’est une espèce de grosse machine sensationnelle, mais j’ai oublié, moi je ne connais pas les tenants et les aboutissants alors c’est une parodie, bon, bien, on en reste là.

 

Quant au lecteur lettré, il dit : quel est le souvenir que j’ai du grec ? S’il a quelques souvenirs, il a le souvenir de quelque chose qui lui paraît ennuyeux, qu’il a subi dans les dissertations qu’il avait à faire dans le secondaire et donc cette admirable machine, il va la laisser dans la tradition d’ancienneté comme une statue qu’il ne voudra surtout pas décaper.

Tandis que Joyce fait exactement le contraire, il se saisit du mythe et l’inscrit dans le travail quotidien de Bloom et à partir de ce moment-là, il y a une espèce de structure biplan – c’est comme cela, je crois qu’Eliot l’avait caractérisée - dans laquelle on est constamment invité à travailler entre le mythe et peut être sa dimension intemporelle et puis sa dimension bien incarnée par Bloom avec des va-et-vient qui sont permanents.

 

Ayant posé ça, alors, il peut revenir, il revient, c’est une nouvelle strate, il revient sur le plan originel qu’il avait trouvé dans sa première lecture et il le complique en montrant que tous ces épisodes sont des panneaux qui s’emboîtent les uns dans les autres et qu’à l’intérieur de chaque panneau, il y a un travail extraordinaire d’interprétation, de lecture et d’inventivité offerte au lecteur, auquel il faut qu’il se rende à son tour.

Il conclue, je crois, si je me souviens bien par l’anecdote où il explique que Joyce travaillait avec de petits bouts de papier, il marquait avec des traits de couleur les expressions qu’il avait déjà réutilisées dans tel ou tel épisode pour inscrire la simultanéité du temps et qu’il réutilisait comme cela pour qu’il y ait une précision dans la construction.

 

Donc chacun de ces panneaux concourt à la symphonie que constitue l’ensemble de Ulysse. Le lecteur, on lui demande au fond non pas seulement d’être un auditeur de musique mais je crois quelqu’un  qui serait un peu éxécutant de la symphonie. Il est invité à participer d’une certaine manière  et à devenir, lui-même inventif. Si l’œuvre est ouverte, on ne peut pas clore le jeu des interprétations.

 

Et il y a deux choses, je crois à la fin de l’article, je ne sais plus si tu en as parlé, c’est la question des obscénités, de la condamnation aux Etats-Unis dans laquelle il dit, on ne l’a pas condamné pour littérature licencieuse mais il faut bien dire carrément c’est obscène et qu’est-ce que c’est cette obscénité ? Si on réfléchit ce n’est pas autre chose que la mise en évidence du fait que l’homme complet c’est aussi un homme qui doit assumer son corps et qu’on doit aussi le montrer à ce niveau-là.

Et puis l’autre chose, c’est l’antisémitisme, je crois. Il dit : bien évidemment on a fait de Bloom un juif mais c’est pas par antisémitisme que Joyce l’a conçu de cette manière.

Si on lit donc attentivement le texte de Larbaud, on est frappé par la précision avec laquelle il fait avancer son lecteur en levant progressivement toutes les suggestions qu’il pourrait faire, la première objection étant : « Le bouquin me tombe des mains ».

 

Michel Brissaud.   :

Quand on songe (en repensant aux couleurs) à sa rigidité et à la discipline à laquelle l’auteur s’est soumis, on se demande comment a pu sortir de ce formidable travail d’agencement, une œuvre aussi vivante, aussi émouvante, aussi humaine.

 

G. Colonna d’Istria. :

Oui d’ailleurs il y a un terme que Joyce aime, que Larbaud reprend : il dit, finalement le narrateur d’Ulysse a alterné son mouvement avec le monologue intérieur, très souvent, « c’est un arrangeur » c'est-à-dire quelqu’un qui réussit à emboîter toutes les séquences les unes dans les autres, de telle manière qu’elles aient une espèce d’unité musicale. Et alors, cela depuis le moindre petit passage jusqu’à l’amplitude de l’œuvre toute entière.

 

Annie Tardits

-          A propos de la question sur la NRF, il est important de rappeler que la 1ère édition d’Ulysse et au moins les deux suivantes n’ont pas été faites à la NRF.

-          Je parlais de l’Article de Larbaud  et je suis même étonné qu’ils l’aient publié alors que Rivière n’était pas enthousiaste.

 

G. Colonna d’Istria. :

Non mais là, il y a eu un problème stratégique : Larbaud s’est mis d’accord au fond avec Sylvia Beach et avec Joyce, il y avait une grande difficulté pour les lecteurs français, c’est que le texte d’Ulysse était publié en anglais par les soins de Sylvia Beach mais il n’y avait aucune traduction française et le coup de génie de Larbaud c’est d’avoir compris qu’il fallait tout de suite faire les traductions et présenter l’œuvre.

Ils se sont mis à traduire des morceaux : Léon Paul Fargue, Benoist-Méchin également et ça a donné cette 1ère conférence de 1921 où on a présenté l’œuvre d’Ulysse parce qu’il y avait cette chose extraordinaire, Joyce avait connu dans un tout petit cénacle d’initiés, et là, il passait vraiment pour un génie créateur. Mais le grand public l’ignorait complètement et d’une certaine manière continue peut-être à l’ignorer…

Donc il fallait lever cette lourde hypothèque Et  il y a quelqu’un qui a beaucoup participé, qu’il l’a beaucoup aidé, outre Sylvia Beach et Valery Larbaud, il y a Adrienne Monnier qui a concocté « l’accessible » pour que l’œuvre soit connue.

 

Dans le public : rappel du jugement de 1933 à New York qui a autorisé la publication.

 

Michel Brissaud. :

Oui, cela a été la nouvelle décision qui a été prise et qui repermettait la  publication.

En 1921, C’est la société pour la suppression du vice qui porte plainte par rapport aux publications,  dans la « Little Review » (elles ont eu lieu de mars 1918 à Décembre 1920). Donc il n’y a pas de possibilité de publication aux Etats-Unis et malgré le jugement de 1933 rendu par le juge Woolsey, ce n’est qu’en 1934 qu’est sortie la première édition par Random House à New York. Le 2 février 1922 Sylvia Beach (Shakespeare & Co), publie Ulysses, Adrienne Monnier publie l’édition française chez Darantière de Dijon en 1929. Durant cette période, de nombreux exemplaires ont été saisis par les douanes britanniques sauf quelques uns.

 

G. Colonna d’Istria. :

Une édition anglaise circulait sous le manteau. En 21, Ellmann raconte dans sa biographie de Joyce : il y a une société des amis qui luttaient contre le vice, qui porte plainte contre les revues puisqu’à ce moment-là Ulysse n’est pas publié dans son intégralité, des épisodes seulement, et c’est au 3ème ou 4ème qu’il est attaqué, alors la plainte passe devant le tribunal et dans un premier temps, celui qui est l’avocat pense qu’il va gagner, enlever le morceau  parce que le procureur dit qu’il y a un morceau qui lui paraît pornographique et il est pris comme d’apoplexie. A ce moment l’ Avocat de Joyce dit mais vous voyez bien que ce n’est pas comme ça qu’on demande de le lire, ça fait rigoler toute la salle et ils se disent on va avoir finalement une autorisation et c’est le contraire qui a lieu, ils sont condamnés.

 Alors, à partir du moment ou la condamnation est prononcée par les Etats-Unis, il n’y a plus aucun droit d’auteur donné à Joyce et le bouquin circule sous le manteau. Alors, il y a toute une série d’anecdotes , il y a des types qui l’enveloppent dans des journaux et qui envoient ça en paquets pour que ça puisse circuler mais il y a des saisies qui ont lieu. En Grande Bretagne, Harriet Weaver, qui est celle qui s’occupe au plus près de l’œuvre de Joyce, a toutes les difficultés du monde pour arriver à envisager une édition qui sera publiée plus tard. C’est vraiment Sylvia Beach qui a publié la première le texte. Je crois qu’on doit quand même à Larbaud d’avoir été un participant actif à la publication.

 

Il y avait une autre chose que je voulais dire parce que je crois qu’elle est importante pour comprendre la difficulté de la lecture de Joyce, c’est le rapport au langage.

Alors on va dire cela d’une manière banale et un peu sommaire mais on peut essayer au moins d’approcher un peu la difficulté.

Dans un roman traditionnel, c’est un coin de nature vu par un tempérament comme dirait zola. L’écrivain écrit avec un moyen qu’il a à sa disposition, un instrument qui est le langage. Mais l’instrument est à sa disposition et ne l’interroge pas.  Alors, c’est comme dans la théorie de la Relativité, on peut faire cette comparaison, elle a été faite plusieurs fois par des critiques. Dans la physique classique, l’observateur est extérieur à l’observation ou plutôt s’il n’est pas extérieur, c’est parce qu’il a des sens qui peuvent rendre l’observation difficile. En gros, la physique classique pose un observateur qui est à distance de l’observation. Dans la théorie de la Relativité, l’observateur est inscrit dans le cône de l’observation, il est pris dedans, il devient un paramètre  des lois de la relativité qu’on met en évidence. Chez Joyce, cela fonctionne exactement comme cela.

 Pourquoi est-ce qu’il révolutionne le langage littéraire de l’époque ? Parce que, lui aussi, fait rentrer l’observateur dans le cône de l’observation. Ce qui veut dire en clair que le langage devient lui-même son propre objet et que celui qui écrit  est pris aussi dans le jeu donc qu’il subit d’une certaine façon  les contraintes que lui impose son travail d’écriture et il en va exactement de même du lecteur.

  Alors cela veut dire, par exemple, que dans un chapitre comme les Sirènes où il y a la musique qui devient dominante, il y aura une véritable musicalisation du langage qui va s’opérer. Dans la scène où il a faim (chapitre des Lestrygons) ce sont les cannibales de l’Odyssées d’Homère, là,  la faim nourrit et puis il monte toute une série d’images qui sont liées à cet appétit immédiat. Alors ça peut être la faim, un appétit qui nourrit, immédiatement une grande rêverie poétique, tout en même temps aussi, un appétit sexuel.

 

Donc  à chaque fois la découverte de Joyce, c’est l’appropriation d’un style, d’un langage, qui vient en quelque sorte s’ajuster au problème ou à la difficulté qu’il rencontre.

Et donc, aussi pour le lecteur, c’est quelque chose qui implique, de la part du lecteur, une tâche analogue. D’où l’usage du monologue intérieur mais aussi l’alternance. Moi je ne suis pas partisan de dire qu’il n’y a qu’un monologue intérieur parce qu’il y a constamment le monologue intérieur qui fait venir les signifiants  immédiats de ce qui pourrait être l’intimité de quelqu’un et en même temps, il y a aussi un narrateur qui dessine le parcours qui reprends les choses en main, c’est l’interactivité de l’un et de l’autre  qui fait la richesse poétique du texte. On n’a pas le temps mais on pourrait citer un très grand nombre d’exemples dans Ulysse qui manifestent ça. Bloom produit un monologue intérieur mais il le produit à partir de quelque chose que le narrateur vient, en quelque sorte de mettre en place.

 

 

Remerciements à Michel Brissaud et à Gérard Colonna d’Istria pour ces éclairages,  pour la qualité de leurs conférences et le sérieux de la préparation qu’ils ont accepté de faire.

 

 

 

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Published by James Joyce in Saint-Gérand - dans Conférences : thèmes traités depuis 2004
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6 mars 2009 5 06 /03 /mars /2009 12:37

Musicillogical Joyce 


International Workshop 

Zürich, August 2 – 8, 2009


The topic for the 2009 August Workshop is Music in all possible and profitable aspects: references, structures, songs, opera, sound, rhythm, performance, Joyce’s impact on composers, etc.  

As usual, we proceed by free, but carefully researched original presentations. There will be no reading of papers, no extended lectures, but every topic will be set up for instant participation. The emphasis is on critical and constructive discussion and expansive feedback. There is ample time for interaction and for follow-up or ad hoc sessions if new themes emerge. Early (9.30) morning sessions will be set apart for emerging themes or close looks.

The Foundation charges a nominal fee of Swiss Fr. 100 (one hundred) for one whole intensive week, mainly to cover part of our expenses. You will get a lot in return. Some evenings are devoted to social gatherings and possibly musical performances. The mid point, on Wednesday afternoon, is devoted to a Joycean city walk and the customary and ritual boat trip on the Lake of Zürich topped by a dinner.

We will assemble on Sunday, August 2, and officially disperse on August 8, Saturday afternoon. Naturally the resources of the Foundation are at your disposal also on the days before and after.

Please get in touch with us soon if you plan to take part and are willing to follow the guidelines. We cannot accommodate more than 20 active participants into our confined space, so do register early. Send in your topic and a revealing title in due time It is also advisable to look around for accommodation (Internet) in good time.

In your email correspondence be sure to include the distinctive key term “musicillogical” so that no message will get lost.

Previous workshops (on Cyclops, Oxen of the Sun, Eumaeus, II,1 of Finnegans Wake, Songs, Synaesthesia, Documentary InSights, Repetition/Negation, Dreaming, “Homer behind Joyce behind Homer”, Chance/Coincidence, Kitsch, Expectation, Performance, Alienation, Material Joyce, Naming, Errors & Mistakes) are listed on our website (www.joycefoundation.ch). 

Earlier participants  or previous reports in JJQJJ Broadsheet or JJLS will inform you about procedures, atmosphere and conviviality.

We are sure that we will have one more lively high level and stimulating week.


Ursula Zeller, Fritz Senn, Frances Ilmberger, Tanja Gubser, Ruth Frehner and Michelle Witen (<twinkling.sheep@gmail.com>)


Zürich James Joyce Foundation 

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